ExtraitSi la bourrée d’Auvergne est connue pour sa rude cadence et son élan musclé, la bourrée croisée de Berry, moins rapide, réclame souplesse, aisance et plus de légèreté. Le mot bourrée désigna en premier le fagot de menu bois servant à l’allumage des âtres et au chauffage des fours. Il s’appliqua ensuite à une danse exécutée d’abord autour d’un fagot, puis, comme dans un roman de George Sand, autour de la dernière gerbe, à la fin de la moisson. Les Berrichons l’appellent croisée en raison de la figure caractéristique du danseur passant en croisant une vire de 45 degrés, de la jambe et du corps, avant de revenir à sa position normale, ou carrément. Les hommes sont vêtus d’une culotte de barrage ou droguet ; les femmes, d’un cotillon de même étoffe, d’un tablier et d’une coiffe appelée grand capichon. La sardane, venue d’au?delà des Pyrénées, unit la Catalogne espagnole à nos pays catalans : Roussillon, Cerdagne et Vallespir. D’abord religieuses et masculines, les sardanes prirent plus de légèreté, d’élégance et de passion quand s’y associèrent les femmes. Les rapports du folklore et de la musique furent souvent abordés à propos de Chopin ou de Liszt. Le rapprochement de ces deux danses régionales évoque le nom d’Emmanuel Chabrier, auteur de la Bourrée fantasque, qui avait rythmé sa musique avec ses sabots. L’illustration de ce feuillet a été confiée à Jean Delpech, un grand maître de l’art de la gravure. |